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Jeune otarie à crinière née en juillet 2020 © MNHN - A. Aumasson

Une naissance chez les otaries à crinière

Naissances

Une petite otarie de Patagonie a vu le jour le 24 juillet 2020 ! L'occasion parfaite de revenir sur les coulisses de la mise bas.

Une première gestation

En mars dernier, nous avons eu la surprise de découvrir que nos otaries à crinière, Ela (7 ans et demi) et Nora (9 ans), attendaient un heureux événement. Une nouvelle d'autant plus formidable que les naissances chez cette espèce sont rares dans les parcs zoologiques européens : seulement quatre en 2018 !

Nos deux femelles ne se sont jamais reproduites auparavant : il s'agit de leur première gestation. Elles cohabitent avec Portos et Aramis, qui sont matures depuis 4 et 2 ans. Les mâles otaries sont polygames et peuvent veiller sur des harems de 10 femelles ! Celles-ci sont en chaleur durant la saison estivale mais, étant originaires d'Amérique du Sud, Ela et Nora ont re-synchronisé leur période de chaleur à l'été de notre hémisphère.

Après l'heureuse découverte, les otaries ont été régulièrement suivies par échographies, avec une attention toute particulière aux indicateurs de bonne santé du fœtus : aspect du placenta, rythme cardiaque, mouvements du petit...

Les équipes ont aussi réfléchi aux adaptations afin d'accueillir au mieux ces nouveaux pensionnaires : mise en place d'un bassin de maternité, ajustement des rations alimentaires pour préparer la lactation... Sans oublier un réaménagement du bassin pour éviter qu'un nouveau-né de 12 kg ne croise la route d'un mâle de plus de 300 kg !

Nora, l'oratie à crinière et son jeune né en juillet 2020 © MNHN - Aurélien Aumasson
Jeune otarie de Patagonie née en juillet 2020 (2) © MNHN - Aurélien Aumasson

C'est une femelle !

Dans la nuit du 22 juillet, Ela, la plus jeune des otaries, a été la première à mettre bas d'une petite femelle de 12,7 kg, morte née. La taille du nouveau-né (soit 10 % du poids de la mère) et le fait qu'Ela soit jeune et primipare sont probablement à l'origine de la mortalité anté-natale. Après cette mise bas, la mère a rapidement été prise en charge et se porte bien.

Le petit de Nora a montré le bout de son nez dans la nuit du 23 au 24 juillet, à 1 h 30 du matin. Il s'agit d'une femelle de 12,8 kg ! La mère s'en est tout de suite occupée mais, comme dans son milieu naturel, elle commencera très tôt à la laisser seule pour vaquer à ses occupations. Les équipes entendent bien recréer ce système d'élevage naturel en permettant à la mère d'accéder aux différents bassins et de revenir auprès de son petit quand elle le souhaite. Quant à la jeune otarie, un accès à un bassin à profondeur ajustable lui est réservé afin qu'elle puisse faire connaissance avec le milieu aquatique sans risquer de se noyer.

En attendant, en 2020, seules deux otaries de Patagonie sont nées en Europe : une à Valence, et l’autre… à Paris !

Quelques semaines plus tard...

Dès la semaine du 3 août, la jeune femelle a commencé à se familiariser avec l'eau : elle apprend à nager et à plonger sous la surveillance de sa mère, Nora. Les otaries de Patagonie sont d’excellentes nageuses qui peuvent plonger jusqu’à 70 mètres de profondeur !

Elle a également bien grandi : cette petite qui pesait 12,8 kg à la naissance a dépassé les 20 kg la semaine du 17 août !

Elle sort maintenant régulièrement dans le bassin « maternité » extérieur, où vous pouvez l'observer.

Jeune otarie à crinière, août 2020 © MNHN - F.-G. Grandin
Jeune otarie à crinière, août 2020 © MNHN - F.-G. Grandin
Jeune otarie à crinière, août 2020 © MNHN - F.-G. Grandin
Jeune otarie à crinière, août 2020 © MNHN - F.-G. Grandin